Hausse historique des émissions de CO2 en 2018, selon l’Agence internationale de l’énergie

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie « La demande d’énergie et les émissions de CO2 associées », publié ce 26 mars, souligne que les émissions de CO2 liées à la production et à la combustion de pétrole, de gaz et de charbon ont progressé de 1,7% en 2018, atteignant le niveau historique de 33,1 gigatonnes (Gt). La Chine, l’Inde et les États-Unis sont responsables de 85% de cette hausse. L’Europe fait figure de bon élève avec une baisse de 1,3%. C’est notamment le cas de la France, qui a vu ses émissions décliner.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié le 26 mars, jour de l’ouverture du Forum du groupe d’experts sur les changements climatiques, que l’agence co-organisait avec le comité des politiques de l’environnement de l’OCDE, son rapport « La demande d’énergie et les émissions de CO2 associées » (IEA Global Energy and CO2 status report).

L’organisation avait recensé, entre 2014 et 2016, des émissions de gaz à effet de serre (liées aux combustibles fossiles) stables, grâce à l’efficacité énergétique et au déploiement de technologies bas-carbone. En 2017, ces émissions avaient repris leur augmentation (+ 500 Mt), qui s’est confirmée en 2018 (+1,7%) et porte ces émissions mondiales au-delà de 33 Gt par an.
En lien avec ces émissions, l’AIE constate que la demande mondiale d’énergie a grimpé de 2,3% en 2018, sa plus forte progression depuis 10 ans.

Les sources d’énergies responsables des émissions de CO2 : évolution de 1990 à 2018 (Agence Internationale de l’énergie).

En 2018, la Chine, l’Inde et les États-Unis ont été responsables de 85% de la hausse mondiale des émissions de CO2 (la consommation de charbon en Asie, pour l’électricité, joue un rôle important dans cette hausse). A l’inverse, l’Europe fait figure de bon élève avec une baisse de ses émissions de CO2 de 1,3% en 2018.
Malgré une croissance à deux chiffres de l’éolien et du solaire, ce sont encore les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz représentent 81% du mix énergétique mondial) qui nourrissent la croissance économique et satisfont des besoins comme le chauffage et la climatisation dans certaines régions du monde, note l’AIE. La demande en gaz a été particulièrement forte en 2018, tirée par les Etats-Unis et la Chine.

Le niveau atteint cache néanmoins une transformation du secteur, qu’il est nécessaire de poursuivre et amplifier, sans laquelle ce niveau serait bien supérieur. L’AIE a modélisé un "scénario de développement durable" créé en 2017, qui prévoit un accroissement des émissions jusqu’en 2020 puis un déclin rapide passé cette date, pour atteindre en 2040 la moitié des émissions actuelles et une compensation des émissions à l’horizon 2070, compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. Cet optimisme reste à nuancer, alors le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) appelle à relever les objectifs de l’Accord de Paris dans son dernier rapport sur les conséquences d’une augmentation globale de la température de 1,5 degré.

« Ces données démontrent une nouvelle fois qu’une action plus urgente est nécessaire sur tous les fronts - développement des solutions d’énergie propre, baisse des émissions, stimulation des investissements et de l’innovation, notamment dans la capture et le stockage du carbone », a déclaré Fatih Birol, Directeur exécutif de l’AIE.

Pour en savoir plus :

-  Consultez le rapport.
-  Informations sur le scénario de développement durable de l’AIE.

Dernière modification : 29/03/2019

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