L’OCDE appelle à un sursaut dans l’appréhension des risques induits par les taux croissants de résistance aux antimicrobiens et recommande un déploiement urgent de mesures sanitaires adaptées

Dans un rapport, publié le 7 novembre et intitulé "Stemming the Superbug Tide" ("Endiguer le flux des superbactéries"), l’OCDE analyse l’un des plus sensibles défis de santé publique posés à ses États membres.

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Les taux croissants de résistance aux antimicrobiens (Antimicrobial resistance -AMR-), y compris aux antibiotiques, résultent de leur usage inapproprié, tant en matière de soins que de production agricole ou animale. Si cette tendance persiste, la mort prématurée, d’ici 2050, de 2,4 millions de personnes (pour les seuls Etats membres de l’Organisation) sera imputable à l’AMR. Selon l’OCDE, la France, l’Italie, le Portugal, la Grèce et les États-Unis (avec près de 30 000 décès par an) compteront parmi les pays les plus touchés.

L’AMR constitue un défi global, tant en termes de santé que de finances publiques. Son impact en matière de qualité de vie s’avère ainsi supérieur à sa morbidité. Le rapport estime qu’un Italien sur deux cents perdra une année de vie en bonne santé en raison de l’AMR. Les enfants et personnes âgées figurent parmi les sujets les plus susceptibles de développer des infections résistantes aux antimicrobiens. En termes financiers, l’AMR provoquera, selon l’OCDE, un accroissement de 3,5 milliards de dollars du budget annuel de santé publique de chacun des États membres durant la période 2015-2050. Cet effort équivaut à une charge de 2,4 dollars par tête, ou environ 10% de l’enveloppe dévolue au traitement des maladies infectieuses.

En accord avec le plan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le rapport préconise un dispositif en cinq principes : élever significativement le niveau d’hygiène prévalant dans les établissements de soins des États membres ; promouvoir, par une campagne adaptée, un usage plus approprié des antibiotiques et mettre fin à plusieurs décennies de prescriptions abusives ; user systématiquement de tests distinguant pathologies virales et bactériennes en vue d’un recours plus fondé aux antibiotiques ; retarder en conséquence la prescription médicamenteuse ; renforcer la sensibilisation des patients par des actions adaptées des pouvoirs publics.
Le rapport conclut qu’à défaut d’actions drastiques de la part des États membres, les taux de résistance pourraient connaître une augmentation de 70% durant la période 2005-2030.

Pour en savoir plus : https://www.oecd-ilibrary.org/fr/social-issues-migration-health/stemming-the-superbug-tide_9789264307599-en

Dernière modification : 07/11/2018

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