La qualité de la santé des personnes est positivement corrélée à leur niveau de richesse

Dans son rapport « Health for everyone ? » (« La santé pour tous ? »), publié ce jour, l’OCDE s’interroge sur la corrélation entre disparités socio-économiques et inégalités de santé. Sur la foi d’enquêtes empiriques conduites dans 33 pays de l’OCDE et de l’Union Européenne, un constat est dressé : la qualité de l’accès au soin et, par suite, de la santé des individus est positivement corrélée à leur niveau de richesse.

Les pratiques nocives pour la santé sont plus répandues au sein des classes sociales défavorisées. Ainsi, les personnes les moins qualifiées sont-elles en moyenne plus susceptibles de fumer ou d’être en surpoids. La situation s’avère toutefois plus complexe en ce qui concerne l’alcool. Pour les femmes, s’il n’existe pas, dans deux tiers des Etats étudiés, de liens évidents entre niveau d’éducation et consommation d’alcool, celle-ci augmente, dans un quart des pays, à proportion du niveau des revenus (les femmes aisées y consomment donc davantage d’alcool). En revanche, dans la moitié des pays, les hommes dotés d’un haut niveau d’éducation consomment beaucoup moins que leurs compatriotes moins favorisés.

Globalement, la qualité de la santé décline avec le niveau d’éducation et de richesse. En effet, l’accès aux services de médecine curative et préventive s’améliore avec les niveaux socio-culturel et socio-économique. Tout d’abord, l’accès aux services de médecine préventive – dépistage du cancer, soins dentaires – reste, majoritairement, un privilège des classes les plus aisées. Ensuite, la pauvreté entrave encore l’accès au soin. Pour les mêmes besoins de santé, le degré de consultation des médecins généralistes est moindre et celle des médecins spécialistes doublement moindre dans le décile inférieur qu’il ne l’est dans le décile supérieur. De fait, 30% des ménages vivant sous le seuil de pauvreté éprouvent des difficultés à assumer les dépenses de santé nécessaires.

En conclusion les auteurs recommandent quatre axes d’effort portant sur :

• la sensibilisation aux pratiques malsaines, à l’hygiène et aux réflexes de santé ;
• l’accès à la médecine préventive (ciblage des populations défavorisées, reconfiguration des prestations sociales) ;
• l’accès aux soins primaires (politique de lutte contre les zones grises médicales) ;
• l’articulation avec des politiques connexes (d’emploi, d’éducation et de logement).

Pour consulter le rapport : https://oe.cd/il/2IS

Dernière modification : 26/09/2019

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