Les conventions collectives constituent-elles une arme contre les inégalités ?

Dans son rapport « Negociating our way up » ("Négocier notre chemin"), publié ce jour, l’OCDE observe que le nombre de syndicalistes et de conventions collectives décline au sein de ses États membres. Pour autant, leur rôle demeure cardinal en vue d’accompagner l’évolution des marchés du travail et garantir les droits des travailleurs.

La performance des marchés du travail (taux d’emplois, attractivité) est positivement corrélée à la coordination intersectorielle des négociations salariales. Les conventions collectives, si elles sont élaborées en silo et déconnectées les unes des autres, risquent de dégrader la compétitivité. En revanche, une coordination élevée permet de lutter contre le chômage.

S’agissant de la qualité (non-pécuniaire) du travail, l’OCDE démontre que le développement de liens directs entre représentants syndicaux et dirigeants d’entreprises – sous-tendus par de robustes conventions collectives – majore la sécurité au travail, l’impact des formations, ainsi que la prévention du harcèlement et des intimidations morales. L’OCDE préconise donc un dialogue direct, porté par une confiance mutuelle, entre les partenaires sociaux.

De surcroît, les conventions collectives constituent un outil-clé de lutte contre les inégalités dans un monde du travail plastique, affecté par la mondialisation et le vieillissement de la population. Celles-ci peuvent en effet accompagner le changement avec une meilleure granularité (tertiarisation, délocalisation, transitions industrielles), en même temps que mieux accompagner les laissés-pour-compte des évolutions en cours.

En somme, les conventions collectives permettent d’offrir des solutions ad hoc à des problèmes inédits (usage des outils numériques, équilibre de vie, zone grise juridique entre travailleur employé et indépendant). Ainsi, exercent-elles un rôle structurant en vue de garantir un avenir du travail inclusif et prospère.

Dernière modification : 15/11/2019

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