Nouvelle programmation décennale de l’énergie en France (PPE)

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La nouvelle feuille de route énergétique de la France (la PPE 2018-2027, programmation pluriannuelle de l’énergie) a été présentée mardi 27 novembre par le président de la République, puis par François de Rugy, le ministre en charge de l’énergie. Deux maîtres mots orientent cette PPE : la lutte contre les dérèglements climatiques et la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

Il est prévu d’abord de réduire la consommation d’énergies fossiles en France mais également de relever le niveau d’ambition de cette réduction : de - 20% en 2023, - 35% en 2028 pour atteindre - 40% en 2030 par rapport à l’année 2012 et aller vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Les 4 dernières centrales électriques à charbon seront fermées dans ce cadre d’ici 2022 (elles représentent 1,8% de la production électrique française).

Un autre objectif est d’arrêter 4 à 6 réacteurs nucléaires (sur 58 actuellement en France) d’ici fin 2028 et 14 au total d’ici 2035 (ces chiffres incluent les 2 tranches de Fessenheim qui seront arrêtées lors de la mise en service de l’EPR de Flamanville en 2020 ou 2021). La part d’électricité d’origine nucléaire descendra ainsi à 50% d’ici 2035 (2025 dans la loi de 2015 sur la transition énergétique pour une croissance verte, dite LTECV).

Le gouvernement demande à EDF de préciser la liste des fermetures parmi les réacteurs les plus anciens au sein des centrales suivantes : Tricastin, Bugey, Gravelines, Dampierre, Blayais, Cruas, Chinon et Saint-Laurent. Il est demandé à l’électricien de « privilégier les arrêts de réacteurs ne conduisant à l’arrêt complet d’aucun site nucléaire » afin de minimiser les impacts sociaux.

Sur tous ces réacteurs dont la fermeture est programmée, François de Rugy a indiqué qu’il souhaitait éviter un déséquilibre du réseau électrique semblable à celui connu cet hiver par la Belgique. Le gouvernement ne s’engage pas à mener un programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires, jugeant « qu’ils n’apparaissent pas nécessaires avant 2035 environ ». Un programme de travail va toutefois être mené avec EDF, en particulier autour de l’EPR (le réacteur nucléaire français de génération 3).
D’ici 2023, le gouvernement envisage aussi de remplacer près d’un million de chaudières au fioul par un équipement utilisant des énergies renouvelables (chaudière biomasse, pompe à chaleur air/eau, eau/eau ou hybride, système solaire combiné, raccordement à un réseau de chaleur) » ou par une chaudière au gaz à haute performance.

RAPPEL

La loi de transition énergétique (LTECV) adoptée à l’été 2015 prévoit de porter à 32% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici à 2030. Il est inscrit dans la nouvelle PPE des objectifs par vecteur à cet horizon (40% de renouvelables dans la production d’électricité, 38% dans la consommation finale de chaleur, 15% dans la consommation finale de carburants et 10% dans la consommation de gaz). Parmi ses grands objectifs, la PPE prévoit d’au moins doubler les capacités électriques renouvelables en France d’ici à fin 2028, à un niveau compris entre 102 et 113 GW (contre 48,6 GW à fin 2017).

Dernière modification : 29/11/2018

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