Perspectives économiques intermédiaires : la croissance mondiale ralentit tandis que certains risques se matérialisent

La Chef économiste de l’OCDE, Mme Laurence Boone, a présenté ce mercredi 6 mars 2019 les dernières Perspectives économiques intermédiaires de l’Organisation, qui incluent les prévisions de croissance des pays membres de l’OCDE et du G20 jusqu’en 2020.

L’OCDE a abaissé ses prévisions de croissance mondiale à +3,3 % pour 2019 et +3,4% pour 2020 (contre +3,5% en 2019-20 dans les dernières prévisions de novembre), en premier lieu sous l’effet des tensions commerciales. Ce ralentissement est plus marqué dans la zone euro où elle se limiterait à 1% en 2019 : il est particulièrement brutal pour l’Allemagne (-0,9 point pour atteindre une croissance prévisionnelle de 0,7% en 2019) et l’Italie (-1,1 point à -0,2%). La France connait un ralentissement moins marqué (-0,3 point à 1,3%), son économie étant moins dépendante des exportations.

Parmi les principaux risques pesant sur ses prévisions, l’OCDE souligne l’impact d’un ralentissement de la demande chinoise, qui pèserait sur la croissance partout dans le monde. Ainsi, un choc négatif sur la demande de 2 points de pourcentage en Chine se répercuterait par une diminution de l’ordre de -0,4 point de la croissance mondiale. Un tel choc toucherait plus particulièrement les pays fortement exportateurs de matières premières, les pays d’Asie du Sud Est, l’Allemagne ou encore le Japon. Une combinaison des risques (hausse des facteurs d’incertitude en Europe, durcissement des conditions de crédit, ralentissement plus marqué de l’économie chinoise) pourrait affaiblir davantage encore la croissance de la zone euro.

Les pouvoirs publics des différents pays doivent coopérer pour limiter les risques. Afin de renforcer la croissance dans la zone euro, l’OCDE recommande que la normalisation monétaire se fasse de manière extrêmement prudente et que les gouvernements de la zone euro (notamment pour les économies disposant de marges de manœuvre fiscales) mettent en place, de manière concertée, des mesures de soutien à l’activité comprenant un volet budgétaire et un volet structurel pour éviter un repli de l’activité et stimuler la croissance des salaires.

La Chef économiste a clôturé son intervention en insistant sur l’impérieux besoin de coopération internationale pour stabiliser et améliorer la situation économique.

Pour en savoir plus : http://www.oecd.org/fr/economie/perspectives/perspectives-economiques-analyses-et-projections/

Dernière modification : 06/03/2019

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