Protection de l’emploi et formation pour adultes doivent s’adapter aux nouvelles formes du marché du travail

Selon le rapport « Employment Outlook 2019 » (« Perspectives de l’emploi 2019 »), publié par l’OCDE le 25 avril, la transformation du marché du travail, qui, à court terme, exacerbe les inégalités sociales, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives d’activité sous réserve que protection de l’emploi et formation pour adultes s’adaptent à cette nouvelle donne.

En mettant en place un cadre juridique adapté, les pouvoirs publics permettront aux travailleurs de la « zone grise », située entre salariat et travail indépendant, de bénéficier de meilleures protection sociale et formation continue. A cet effet, il importe, selon les auteurs, de garantir la portabilité des droits acquis d’un emploi à un autre, tout autant que d’ajuster à l’évolution du marché le périmètre des mesures d’aide à l’emploi.
Indépendamment d’une action sur la réglementation du statut de l’emploi, le développement de formations pour adultes s’avère primordial pour faciliter la transition des travailleurs vers les nouveaux débouchés professionnels, alors même que seulement 40% des adultes y ont recours dans les pays de l’OCDE. Afin que les populations les plus exposées aux risques du nouveau marché du travail puissent acquérir de nouvelles compétences, il convient, selon le rapport, de développer une culture de la formation, de lutter contre les inégalités d’accès à celle-ci, de proposer une offre mieux adaptée aux besoins et de veiller à la pérennité des financements comme à la meilleure coordination des parties prenantes.

S’agissant de la France, les auteurs estiment que 32,8% des emplois actuellement occupés y seront exercés différemment dans les prochaines années (soit une quotité supérieure à la moyenne OCDE), cependant que 16,4% seront complètement automatisés. Cette mutation s’opère sur fond de précarisation croissante : 9% des travailleurs étaient sous-employés en 2017 et 16,9% occupaient un emploi temporaire ou à durée déterminée. En dépit d’initiatives telles que le compte personnel de formation, seuls 31,6% des adultes ont suivi une formation professionnelle au cours de la dernière année. Bien que la France affiche l’un des taux de syndicalisation les plus bas (7,9% contre 17% dans la zone OCDE), la quasi-totalité des salariés sont couverts par des accords négociés grâce au système d’extension des accords de branche. Enfin, une large part des travailleurs atypiques perçoivent en France des allocations chômage, notamment du fait de critères généreux d’éligibilité, associés à la possibilité d’accumuler et de conserver les droits inutilisés.

Pour en savoir plus :

https://doi.org/10.1787/19991266

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Dernière modification : 25/04/2019

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