Quelle électricité en France d’ici 2060 ?

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a publié fin 2018 une étude passionnante sur l’évolution des moyens de la production d’électricité en France. Cette étude « Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060 » repose sur l’analyse des résultats d’une optimisation économique de l’évolution des différentes filières de production d’électricité, dont les énergies renouvelables mais également le nucléaire. La projection jusqu’en 2060 permet d’optimiser les choix à faire dans les 15 prochaines années.

Ce regard de long terme vient compléter les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (horizon 2028), rendue publique le 27 novembre 2018. Les scénarios étudiés permettent d’envisager une part de 85 % d’énergie renouvelable dans le mix électrique d’ici 2050 (95 % en 2060), une baisse du coût de l’électricité pour les consommateurs, ainsi que de meilleures conditions de rémunération pour les producteurs d’électricité.

Le système électrique français est à ce jour majoritairement alimenté par un parc électronucléaire qui dote la France d’une électricité peu chère et décarbonée (75 à 78% de l’électricité produite en France ces dernières années est issue du courant produit par 58 réacteurs nucléaires dont les 2/3 ont plus de 30 ans d’âge. En accord avec l’objectif de 50 % de nucléaire entre 2030 et 2035, ce rapport préconise une fermeture de 30% des réacteurs ayant atteint 40 ans, puis à nouveau de 30% des réacteurs restants à 50 ans sur la période 2030-2044 (la plupart des réacteurs français « historiques » ont plus de 30 ans).

Progressivement dans les années et décennies à venir, ce seront l’éolien et le solaire photovoltaïque qui prendront le relais. Lors d’une précédente étude, l’ADEME avait identifié des gisements maximaux de capacités photovoltaïque et éolienne de 95 GW au sol (123 GW sur les toitures) pour le solaire et de 120 GW en éoliennes (dont 20 GW en éoliennes marines posées et 46 GW en éoliennes flottantes). L’ADEME estime que, même sans soutien d’Etat, (au-delà de 2030 pour le photovoltaïque, et de 2035 pour l’éolien terrestre) ces deux énergies renouvelables suffiront à produire l’essentiel du mix électrique français d’ici 2060.

L’une des figures du rapport de l’ADEME est impressionnante : on y voit l’évolution attendue sur 2020-2060 des coûts des différentes énergies renouvelables (éolien terrestre ou en mer, posé ou non, photovoltaïque au sol ou sur grandes toitures). Ces coûts vont diminuer de plus de moitié d’ici 2060, ce qui explique la concurrence possible avec des coûts de nucléaire qui n’ont pas de raison d’évoluer de manière si favorable.

Cette étude porte sur différentes trajectoires d’évolution du mix électrique et s’appuie bien sûr sur des modélisations de la demande en électricité. Le parti pris dans cet exercice est de rester strictement sur une logique d’optimisation économique : il s’agit d’évaluer les trajectoires qui coûteront le moins cher pour la collectivité, en prenant également en compte le contexte européen tel qu’on peut envisager son évolution.

Evolution du coût de l’électricité éolienne et solaire d’ici 2060 (en €/MWh)

Retrouvez l’intégralité de l’étude sur : www.ademe.fr

Dernière modification : 09/01/2019

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