Rapport de l’OCDE sur les effets des outils numériques sur la société

A la veille d’une semaine qui tirera le bilan, à l’OCDE, du projet horizontal « Vers le Numérique » (événement de haut niveau les 11-12 mars) et devrait le reconduire, puis qui discutera de la proposition du Groupe d’experts sur l’intelligence artificielle (14-15 mars), l’OCDE publie le 26 février un rapport de 170 pages sur l’influence de l’économie numérique sur les sociétés de ses Etats membres. Après l’évaluation du taux d’accès aux outils numériques, l’OCDE étudie les avantages et les inconvénients des outils numériques par domaine d’activité (travail, loisir, santé, environnement, sécurité, etc) puis chaque pays fait l’objet d’une assez brève synthèse.

Le rapport « La vie à l’ère numérique » part d’un constat simple : les technologies numériques ont profondément modifié nos comportements au travail mais aussi dans nos vies privées, nos échanges, nos façons de consommer. Onze domaines-clés de nos comportements sont examinées : revenus et richesse, emplois, logement, santé, éducation et capacités, équilibre travail-famille, engagement citoyen, relations sociales, qualité de l’environnement, sécurité des personnes et bien-être ressenti. Le rapport montre comment l’ère numérique peut avoir des effets positifs clairs (sur la productivité ou l’accès élargi à des informations) tout en présentant des risques pour le bien-être des populations (harcèlement en ligne, désinformations, piratages numériques de tous ordres).

L’OCDE évalue le niveau d’accès aux outils numériques dans ses différents Etats membres : taux de connexions à Internet, nombre de smartphones par habitant, usages de données en masse (Big Data), recours à l’intelligence artificielle, utilisation de blockchains. En moyenne, en 2016, parmi les 35 pays OCDE, le taux d’accès à l’Internet fixe par ménage est de près de 80% (2016) contre 40 à 45% en 2005. Le taux d’utilisation d’Internet est encore accru par les usages sur smartphone, qui séduisent encore plus les jeunes que les seniors. Si 95% des jeunes de 16 à 24 ans utilisent Internet (y compris et surtout sur téléphone), seuls 60% des 55-74 ans y ont recours.
Ces connexions et usages induisent des changements de comportements des citoyens. La relation des citoyens aux services publics, leur façon d’acheter, et même celle de travailler évoluent assez vite au contact plus ou moins intense de ces outils tandis que certains risques de harcèlement, y compris pour les enfants, ou de désinformation, voire de piratage en ligne, se développent. Mais le plus grand risque pour un citoyen est celui de ne pas savoir se servir des outils numériques.
Car, si la majorité des citoyens des pays OCDE ont accès à Internet, il existe une 2ème fracture numérique, celle de la capacité plus ou moins grande à s’orienter sur Internet et à effectuer des démarches en un temps raisonnable (ou même à penser que telle démarche peut être effectuée sur Internet). Le nombre d’activités qu’effectue une personne sur Internet est le critère retenu pour caractériser cette fracture.

Le rapport cartographie ensuite, par pays de l’OCDE, les ressources numériques à l’école, la capacité des enseignants, la part des emplois dans des entreprises directement liées à l’économie numérique ou aux TIC, l’équilibre entre temps de travail et de loisir, qui s’est très nettement détérioré ces 6 dernières années, car les citoyens travaillent plus souvent à la maison par smartphone ou ordinateur et se sentent donc en permanence au travail (tensions), la dépendance aux outils numériques (les enfants, mais pas qu’eux, sont plus souvent sur Internet).

Sont aussi investigués l’automatisation des emplois (perte d’emploi ou changement de type de poste), les réseaux sociaux porteurs d’échanges agréables ou fructueux mais aussi de risques (désinformation, perte de vie privée par piratage), le gouvernement ouvert (sites Internet de l’Etat ou des régions qui permettent aux citoyens plus de démarches administratives en ligne). Enfin, l’engagement citoyen, le bien-être ressenti, la sécurité des personnes comme la qualité de l’environnement (croissance des consommations d’énergie) sont parmi les domaines où l’économie numérique semble apporter autant de bienfaits que générer d’éventuels méfaits. Le logement, lui, semble plutôt bénéficier des outils numériques qu’en pâtir.

JPEG

Dernière modification : 27/02/2019

Haut de page