Reconversion prévue d’une centrale à charbon

Pour mémoire, la France consomme chaque année une électricité qui provient à 74% de ses 58 centrales nucléaires, à 11% de barrages hydrauliques, à 7,5% d’énergies renouvelables (éolien en tête) et le reste (7,5%) de centrales thermiques classiques (surtout au gaz mais aussi au charbon).

Les quatre centrales à charbon françaises, vouées à disparaître d’ici 2022, fournissent encore 1,8% de cette électricité nationale, comme la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique), qui permis à EDF d’équilibrer son réseau au début de ce mois de janvier. Consciente de l’importance de cette centrale située aux portes de la Bretagne, où peu de centrales sont présentes, EDF souhaite la maintenir, tout en la reconvertissant : menacée de fermeture en 2022, la centrale à charbon de Cordemais pourrait ainsi obtenir un sursis en se convertissant au bois.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a en effet qualifié de "projet intéressant" la proposition de reconvertir ce site de Cordemais, à 30 kilomètres à l’ouest de Nantes, en centrale à biomasse. Si la reconversion aboutit, la centrale pourrait fonctionner au-delà de 2022, date à laquelle le gouvernement s’est engagé à abandonner le charbon dans la production d’électricité (environ 1,5% des émissions de gaz à effet de serre en France).

Baptisé "Ecocombust", le projet d’EDF vise à remplacer progressivement le charbon par des granulés fabriqués à base de déchets de bois (tailles de haies, bois d’ameublement, panneaux, emballages...). A moyen terme, la centrale brûlerait 80% voire 100% de biomasse, pendant 500 à 1.000 heures par an (contre 4.500 aujourd’hui).

Avec 1.500 emplois indirects et 27 millions d’euros versés aux collectivités, la centrale joue un rôle essentiel dans l’économie locale. Selon Joël Geffroy, maire de Cordemais, « la centrale tournera moins mais pendant des périodes de pointe et l’on n’aura pas besoin de tout modifier. ».

Ce projet est à mettre en relation avec la question de la sécurité du réseau électrique, alors que la Bretagne ne produit que 15% de son électricité. En effet, fermer la centrale de Cordemais pourrait s’avérer délicat si d’autres centrales (qu’il s’agisse par exemple de l’EPR de Flamanville) n’étaient pas mises en service d’ici 2022.

Dernière modification : 21/01/2019

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