Une classe moyenne forte et prospère contribue à la stabilité socio-économique et à la confiance envers les institutions

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Dans le rapport « Sous pression : la classe moyenne en perte de vitesse » (« Under Pressure : The Squeezed Middle Class ») présenté le 28 juin et paru le 10 avril en anglais, l’OCDE analyse l’influence perdue de la classe moyenne, ainsi que les différentes formes de son déclassement relatif.

Définie par des ressources comprises entre 75 et 200% du revenu médian, tout autant que par des critères dynamiques ou statutaires (stabilité de l’emploi, potentielle ascension sociale intergénérationnelle, pouvoir d’achat, reconnaissance sociale), la classe moyenne ne forme plus un ensemble homogène, comme en témoigne sa fracturation en lower middle class, middle middle class et upper middle class.

A ce phénomène s’ajoutent une érosion numérique, et donc une perte d’influence, du fait de la difficulté des adultes nés après 1980 à accéder à la classe moyenne (ils ne sont que 60% à y parvenir dans la zone OCDE) et à celle de leurs aînés à y demeurer. En effet, du fait d’une stagnation de leurs revenus réels (par rapport à ceux des plus modestes comme des plus riches), aggravée d’une hausse du coût des éléments caractéristiques de leur genre de vie, les membres de la classe moyenne connaissent une croissante précarisation socio-économique. Ainsi, l’augmentation du prix du logement a-t-elle été supérieure d’un tiers à celle du revenu médian durant la période 1995-2017, tandis qu’un ménage sur cinq de ce groupe social dépense plus qu’il ne gagne. Enfin, les membres de la classe moyenne semblent davantage exposés que les autres catégories à une volatilité de leur condition. Ainsi, dans un contexte de transformation rapide du marché du travail, un emploi sur six, rétribué d’un revenu intermédiaire, est-il désormais confronté à un risque d’automatisation.

Concluant qu’une classe moyenne forte et prospère contribue à la stabilité socio-économique et à la confiance envers les institutions, l’OCDE, quoique privilégiant le diagnostic sur la prescription, recommande :

- de réformer le système de prélèvements et de prestations afin d’accroître son ciblage vers les strates inférieures de la classe moyenne ;
- d’assurer une meilleure accessibilité des services, notamment de logement et d’éducation, en vue de rendre le genre de vie constitutif de la classe moyenne plus soutenable ;
- d’optimiser l’offre d’apprentissage et de formation au cours de la vie afin de favoriser la mobilité professionnelle sur un marché du travail de plus en plus évolutif.

Pour en savoir plus :

https://doi.org/10.1787/2b47d7a4-fr

Dernière modification : 28/06/2019

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