l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), concrétise cette semaine sa volonté de s’ouvrir à de très grands pays qui lui sont associés

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) est une Agence de l’OCDE créée en 1974 pour faire pièce à l’OPEP et à ses fortes augmentations des cours du pétrole dits « premier choc pétrolier ». Elle était conçue initialement pour assurer la sécurité des approvisionnements en pétrole de ses Etats membres. Sans renier cette tâche initiale, elle s’est développée depuis 45 ans, bien au-delà du pétrole, vers tous les types d’énergie (gaz, charbon, mais aussi énergies renouvelables et efficacité énergétique) devenant au fil des ans la spécialiste mondiale incontestée des statistiques énergétiques.

En 1974, l’écrasante majorité des Etats membres de l’AIE étaient importateurs nets de pétrole (notamment) et une forte majorité d’entre eux n’en produisait pas. Les exceptions ultérieures sont entre autres le Royaume-Uni, la Norvège et le Danemark (pétrole de la Mer du Nord), les Etats-Unis (pétrole de schiste surtout ces dernières années) et Canada (sables bitumineux notamment), et l’Australie (pétrole en baisse mais gaz en forte augmentation). La consommation des Etats membres (EM) de l’AIE représentait près de 80% de la consommation mondiale de pétrole : elle en représente aujourd’hui 40%. De même, l’OPEP, qui en 1975, représentait 75% de la production mondiale de pétrole, n’en représente que 33%. en 2018.

Conscient de cette perte d’influence des EM de l’AIE (tous, jusque ici, membres de l’OCDE), cette agence a lancé il y a 4 ans un processus d’ouverture à des pays associés grands consommateurs d’énergie, avec, dans l’ordre décroissant de consommation de pétrole, la Chine, l’Inde, le Brésil (voir photo fin 2017 de M. Fatih Birol avec les ministres brésilien Aloysio Nunes et Coelho Filho) l’Indonésie, plus, mais également Maroc, Singapour, Thaïlande, et … tout récemment (fin novembre) l’Afrique du Sud que M. Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE vient de convaincre à son tour (voir photo de M. Birol en compagnie du Ministre Sud-Africain de l’énergie, M. Jeff Radebe, fin novembre 2018). En incluant ces 8 pays associés, l’AIE représente maintenant près de 75% de la consommation de pétrole mondiale, comme en 1974.

L’AIE réunit cette semaine à Paris l’ensemble de ses Etats membres avec le 8 Etats associés pour des pourparlers de 36 h. A priori, la coopération des pays associés avec l’AIE portera d’abord sur le recueil de données et statistiques, la sécurité énergétique, la transition énergétique (COP21) et l’analyse des politiques nationales des Etats. Mais rien n’empêche que d’autres thèmes de coopération se fassent jour ces 12 et 13 décembre 2018, puis mûrissent avant la réunion Ministérielles de l’AIE de fin 2019. L’important dossier des stockages stratégiques de pétrole par les EM (90 jours d’importation nette de pétrole doivent être stockés dans chaque pays-membre) sera aussi progressivement proposé aux Etats associés (mais certains, comme la Chine, ont déjà de tels stockages stratégiques).

M. Fatih Birol (directeur éxécutif de l'AIE) et M. Jeff Radebe (Ministre de l'Energie de l'Afrique du Sud)
M. Fatih Birol (directeur exécutif de l'AIE), M. Fernando Coelho Filho (Ministre des Mines et de l'Energie du Brésil) et M. Aloysio Nunes Ferreira (Ministre des Affaires étrangères du Brésil)

Dernière modification : 13/12/2018

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